[EN] This thesis explores how national universities in Moana Oceania navigate national priorities, regionalism, and internationalisation. Focussing on five institutions - the National University of Samoa, Tonga National University, Solomon Islands National University, National University of Vanuatu and Fiji National University - the study is guided by the primary question: How are national priorities centred in national universities of Moana Oceania? Two secondary questions explore the impacts of regionalism and internationalisation on achieving these priorities. The research is framed through social constructionism alongside the Moana Oceania concepts of motutapu and wansolwara, which centre on relationality, the sacredness of place, and shared oceanic connectivity as foundations for knowledge-making and exchange. Methodologically, the study employs critical (Indigenous) ethnography and multiple descriptive case studies, drawing on talanoa, tok stori, and storian as culturally grounded, responsive, and relational knowledge-sharing, supported by collaborative sensemaking and critical policy analysis. The findings revealed three interrelated insights. First, national universities consistently positioned themselves as sites of nation-building and moral leadership, where higher education is inseparable from cultural identity, linguistic and epistemic continuity, and service to communities and the nation. Second, regionalism is experienced as both an anchor and a source of tension. Regional frameworks and institutions can provide solidarity, standards and voice, but often appear distant from the specificity of national contexts and priorities when driven by external agendas. Third, internationalisation is characterised by uneven power relations, donor dependency and epistemic asymmetry, but has the potential to be re-imagined as knowledge diplomacy when partnerships are relational rather than transactional, grounded in Indigenous leadership, reciprocity and equitable agency. Across the five case studies, centring Indigenous worldviews enabled a shift from peripheral adaptation to epistemic sovereignty and leadership in redefining what relevant higher education looks like in and for Moana Oceania. Conceptually, the thesis explores the idea of a ‘relational university’, elaborating on how national universities are being re-envisioned as institutions whose purposes, partnerships, and governance are anchored in Indigenous ethics of relationality, responsibility, and collective wellbeing, with practical and policy implications for regional cooperation and more equitable international engagement.
[FR] Cette thèse examine comment les universités nationales de Moana-Océanie concilient priorités nationales, régionalisme et internationalisation. Axée sur cinq établissements — l’Université nationale du Samoa, l’Université nationale des Tonga, l’Université nationale des Îles Salomon, l’Université nationale
du Vanuatu et l’Université nationale des Fidji —, cette étude s’articule autour de la question principale suivante : comment les priorités nationales sont-elles mises en avant au sein des universités nationales de Moana-Océanie ? Deux questions secondaires explorent les impacts du régionalisme et de l’internationalisation sur la réalisation de
ces priorités. La recherche s’inscrit dans le cadre du constructivisme social, en s’appuyant sur les concepts de Moana-Océanie que sont le motutapu et le wansolwara, qui mettent l’accent sur la relationnalité, le caractère sacré du lieu et la connectivité océanique partagée comme fondements de la production et de l’échange de connaissances. Sur le plan méthodologique, l’étude recourt à l’ethnographie critique (autochtone) et à de multiples études de cas descriptives, en s’appuyant sur le talanoa, le tok stori et le storian comme formes de partage des connaissances ancrées dans la culture, réactives et relationnelles, soutenues par une construction collaborative du sens et une analyse critique des politiques. Les résultats ont mis en évidence trois constatations étroitement liées. Premièrement, les universités nationales se positionnent systématiquement comme des lieux de construction nationale et de leadership moral, où l’enseignement supérieur est indissociable de l’identité culturelle, de la continuité linguistique et épistémique, ainsi que du service rendu aux communautés et à la nation. Deuxièmement, le régionalisme est perçu à la fois comme un point d’ancrage et une source de tension. Les cadres et institutions régionaux peuvent être source de solidarité, de normes et de représentation, mais semblent souvent éloignés des spécificités des contextes et des priorités nationaux lorsqu’ils sont guidés par des agendas externes. Troisièmement, l’internationalisation se caractérise par des relations de pouvoir inégales, une dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds et une asymétrie épistémique, mais elle peut être repensée comme une « diplomatie du savoir » lorsque les partenariats sont relationnels plutôt que transactionnels, fondés sur le leadership autochtone, la réciprocité et une capacité d’action équitable. À travers ces cinq études de cas, la mise en avant des visions du monde autochtones a permis de passer d’une adaptation marginale à une souveraineté épistémique et à un leadership dans la redéfinition de ce à quoi doit ressembler un enseignement supérieur pertinent en Océanie (Moana) et pour celle-ci. Sur le plan conceptuel, cette thèse explore l’idée d’une « université relationnelle », en expliquant comment les universités nationales sont repensées en tant qu’institutions dont les objectifs, les partenariats et la gouvernance s’ancrent dans l’éthique autochtone de la relationnalité, de la responsabilité et du bien-être collectif, avec des implications pratiques et politiques pour la coopération régionale et un engagement international plus équitable.